Avant le Big Bang, l’univers n’était
qu’un ordinateur pas plus gros qu’une tête
d’épingle.
Une intense activité informatique régnait dans
la « nanocyberbulle primordiale ». L’information
produisait de l’information sans que cette activité n'entraîne
une augmentation de la microsphère suspendue dans le néant.
Pour des raisons inconnues, un bogue se produisit et 10 puissance
moins 43 seconde plus tard, soit un dix-millionième
de milliardième
de milliardième de milliardième de seconde, l’univers
se déployait en une explosion démiurgique : boum
! Une quantité d’énergie infinie
fut libérée,
créant des centaines de soleils, de galaxies ; l’univers
atteignit une dimension de 10 puissance 26 m, soit cent millions
de milliards de milliards de milliards de mètres. L’expansion
cosmique ne serait pas terminée !
En se refroidissant, les informations donnèrent
lieu à la matière entropique dans l’espace-temps
fléché. Apparurent alors les quarks, les électrons,
les neutrinos. Quinze milliards d’années plus tard,
l’homme apparaissait sur un morceau particulièrement
refroidi, la Terre.
Depuis l’homo sapiens sapiens n’aurait
qu’une seule idée en tête : faire rentrer
l’univers
dans sa tête d’épingle informatique. Il est
encore loin du compte mais les dernières innovations technologiques
montrent qu’il est sur la bonne voie. On ne peut que spéculer
sur le quand et le comment de la rétraction
universelle. Cependant, on pense que la tendance à l’expansion
devrait s’inverser quand le nombre de bits sera égal
au nombre d’atomes. Le jeune physicien russe N. Kardashev
a calculé que, dans deux mille ans, au rythme où progresse
l’infomasse, cet état devrait être atteint
avec 10 puissance 24 bits.
De manière accélérée,
l’univers entrerait alors dans un processus de rétraction
universelle. Un immense processus de neutralisation par équivalence
devrait détruire un atome pour un bit. Au bout du septième
jour, l’univers recouvrirait son état initial à l’exception
d’une information manquante. Les infophysiciens les plus
optimistes pensent qu’il serait possible de trouver cette
information manquante avant l’implosion de sorte que le
pire pourrait être évité. D’autres
pensent que c’est impossible puisque l’information
manquante n’apparaîtrait comme telle qu’au
stade de la tête d’épingle. Trop tard. Dans
la nanoseconde suivante, dans une ultime implosion zérologique,
causée
par ce déficit, la tête d’épingle disparaîtra.
Il ne restera rien, absolument rien. L’univers n’aura
jamais existé.
La métaphysique sera définitivement achevée,
du moins on ose l’espérer. Mais il n’y aura
plus personne pour le dire.